Les garanties de l'assurance emprunteur : ce que chacune couvre, et ce qu'elle coûte
Une assurance de prêt n'est pas un bloc. C'est un empilement de garanties qui ne se déclenchent pas dans les mêmes situations et ne pèsent pas le même prix. Voici ce que couvre chacune, ce que votre banque peut exiger, et ce que nous avons mesuré en interrogeant le tarificateur de notre assureur partenaire.
En bref : un contrat d'assurance emprunteur combine jusqu'à six garanties : décès, PTIA, ITT, IPT, IPP et une option (invalidité professionnelle ou perte d'emploi). Le décès et la PTIA forment le socle que toutes les banques exigent. L'arrêt de travail et l'invalidité sont demandés presque toujours tant que vous travaillez.
Sur un tarif réel (41 ans, non-fumeur, cadre, 200 000 € sur 20 ans), le socle coûte 2 752 € sur la durée du prêt. L'arrêt de travail et l'invalidité totale le portent à 6 027 € : ils coûtent plus que le décès lui-même. L'invalidité partielle ajoute 653 €, pour 6 680 € au total.
Les six garanties, une par une
Chaque garantie répond à une situation précise. Elles ne s'arrêtent pas au même âge et ne versent pas la même chose : c'est là que deux contrats au même prix cessent de se ressembler.
- Décès
- Se déclencheLe décès de l'assuré.
- Ce que l'assureur paieLe capital restant dû, à hauteur de la quotité. Souvent couvert jusqu'à 80 ou 90 ans.
- PTIAperte totale et irréversible d'autonomie
- Se déclencheNe plus pouvoir exercer aucune activité rémunératrice et avoir besoin d'une tierce personne pour les actes de la vie courante. Les deux conditions sont cumulatives.
- Ce que l'assureur paieLe capital restant dû, comme en cas de décès. Cesse souvent vers 65 ans ou à la retraite.
- ITTincapacité temporaire totale
- Se déclencheUn arrêt de travail, une fois écoulée la franchise, généralement de 90 jours.
- Ce que l'assureur paieTout ou partie des mensualités pendant l'arrêt. Cesse en général à la retraite.
- IPTinvalidité permanente totale
- Se déclencheUne invalidité reconnue, généralement à partir de 66 %.
- Ce que l'assureur paieLes mensualités, ou le capital selon le contrat.
- IPPinvalidité permanente partielle
- Se déclencheUne invalidité le plus souvent comprise entre 33 et 66 %.
- Ce que l'assureur paieUne prise en charge partielle, souvent proportionnelle au taux reconnu.
- OptionsIPP professionnelle, perte d'emploi
- Se déclencheIPP professionnelle : l'invalidité est appréciée au regard de votre seul métier. Perte d'emploi : licenciement d'un salarié en CDI.
- Ce que l'assureur paieSelon le contrat. La perte d'emploi est plafonnée et soumise à une franchise longue.
Seuils et âges les plus courants. Votre notice fait foi, garantie par garantie : les définitions varient d'un assureur à l'autre.
Ce que chaque garantie pèse dans le prix
Les montants ci-dessous ne viennent pas d'un barème. Ce sont des appels réels au tarificateur de notre assureur partenaire, sur un profil identique, dont nous n'avons changé qu'un réglage à la fois.
| Garanties et réglages | Coût sur 20 ans |
|---|---|
| Décès et PTIA seulsle socle exigé partout | 2 752 € |
| + arrêt de travail et invalidité totaleITT et IPT | 6 027 € |
| + invalidité partielleprotection complète, cadre | 6 680 € |
| Même protection, franchise de 30 joursau lieu de 90 | 12 576 € |
| Même protection, artisanau lieu de cadre | 12 724 € |
| Artisan avec travail en hauteurmême protection | 14 109 € |
Trois enseignements, dans l'ordre de ce qu'ils vous coûtent.
L'arrêt de travail et l'invalidité coûtent plus que le décès. Ajouter l'ITT et l'IPT fait passer la facture de 2 752 à 6 027 € : 3 275 € de plus, soit davantage que le socle tout entier. C'est logique : un arrêt de travail est bien plus probable qu'un décès avant 61 ans. C'est aussi pourquoi un devis « décès seul » paraît si bon marché, et pourquoi votre banque le refusera le plus souvent pour une résidence principale.
L'invalidité partielle coûte peu. 653 € sur vingt ans, moins de 3 € par mois, pour couvrir une invalidité entre 33 et 66 % qui, sans elle, ne donne droit à rien. La retirer est rarement un bon calcul.
Deux réglages doublent la facture, et aucun n'est une garantie. Une franchise de 30 jours au lieu de 90 la fait passer de 6 680 à 12 576 €. Un métier manuel aussi : 12 724 € pour un artisan, 14 109 € s'il travaille en hauteur, contre 6 680 € pour un cadre. Le métier pèse ici davantage que l'arrêt de travail et l'invalidité réunis : 6 044 € d'écart, contre 3 928 €.
Ce que votre banque peut exiger, et ce qu'elle ne peut pas
Aucune garantie n'est obligatoire au sens de la loi. Mais la banque fixe ses exigences, et elle les écrit dans la fiche standardisée d'information qu'elle vous remet. Elle choisit jusqu'à 11 critères dans une liste de 18 établie par le Comité consultatif du secteur financier : c'est la grille de l'équivalence de garanties.
En pratique, trois cas reviennent.
- Résidence principale, emprunteur en activité : décès, PTIA, ITT et IPT presque toujours, l'IPP très souvent. La franchise exigée est le plus souvent de 90 jours.
- Investissement locatif : c'est le cas où la banque se contente le plus souvent du décès et de la PTIA, puisque les loyers continuent de rembourser pendant un arrêt de travail. Voir assurance de prêt locatif.
- Emprunteur retraité : l'arrêt de travail n'a plus d'objet. Nous l'avons mesuré : pour un retraité de 69 ans, demander l'ITT ne change pas le tarif au centime, l'assureur l'écarte d'office. Voir assurance emprunteur à la retraite.
Ce que la banque ne peut pas faire : exiger davantage que ce que couvre son propre contrat, ni refuser un contrat équivalent au motif qu'il est moins cher. Et rien ne vous oblige à faire mieux que ce qu'elle demande : une garantie qu'elle n'exige pas se paie sans améliorer votre dossier.
Les pièges sont dans les définitions, pas dans les noms
Deux contrats qui affichent les mêmes six lignes peuvent indemniser très différemment le même accident. Quatre points font la différence, et aucun ne se voit sur un devis.
- Forfaitaire ou indemnitaire. En forfaitaire, l'assureur règle la mensualité assurée quoi qu'il arrive à vos revenus. En indemnitaire, il ne compense que la perte réelle : si votre employeur maintient votre salaire, vous pouvez ne rien toucher.
- Votre profession ou toute profession. Une invalidité appréciée au regard de toute activité est bien plus restrictive. Un chirurgien qui perd l'usage d'une main peut encore enseigner : sans définition liée au métier, l'assureur peut refuser. C'est l'objet de l'option IPP professionnelle, que notre assureur partenaire réserve à certaines professions et refuse aux métiers de bureau.
- Le dos et les troubles psychiques. Ce sont les premières causes d'arrêt long, et les plus souvent soumises à condition : une hospitalisation, ou une durée minimale d'arrêt. C'est sur ces lignes que les contrats se distinguent le plus.
- L'âge de fin de chaque garantie. La PTIA et l'arrêt de travail cessent bien avant le décès. Sur un prêt souscrit tard, vous pouvez payer des années pour une couverture qui ne joue plus. Voir assurance emprunteur senior.
En résumé
- Le décès et la PTIA sont le socle : exigés partout, ils représentent moins de la moitié du prix d'une protection complète.
- L'arrêt de travail et l'invalidité totale sont le gros poste : sur notre profil, ils coûtent plus que le décès.
- L'invalidité partielle coûte peu et comble un vrai trou : à garder, sauf exigence contraire de la banque.
- La franchise et le métier pèsent davantage que n'importe quelle garantie. Gardez 90 jours, sauf raison précise.
- Le niveau à retenir est écrit dans la fiche standardisée d'information de votre banque, pas dans un usage général.
On vous répond
Voir les trois niveaux sur votre propre profil
Notre tarificateur vous fait choisir entre ces niveaux avant même d'afficher le prix : protection complète, sans l'invalidité partielle, ou décès et PTIA seuls. Le tarif est celui de notre assureur partenaire, calculé sur votre âge et votre métier, frais compris, sans email. Le détail des garanties et de la franchise se règle ensuite, garantie par garantie.
Pour aller plus loin : l'équivalence de garanties, qui décide de l'accord de votre banque, et la franchise, le réglage le plus lourd.
Vos garanties sont-elles les bonnes ?
Nous lisons votre contrat et la fiche de votre banque, et nous vous disons ce qui est exigé, ce qui est en trop, et ce que coûterait l'équivalent ailleurs. Étude gratuite, 100 % à distance.
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